Beauté

Vivre avec des crises d’angoisse

16 février 2017, voilà presque un mois que je n’ai pas blogué. Une rupture brusque, sans prévenir. Je suis passée du « un article tous les jours » à « plus rien du tout ». Une absence totalement imprévue, et je vous remercie d’ailleurs pour les mails inquiets reçus de votre part. Si pour certaines, un mois n’est pas grand chose, il faut dire que ne plus bloguer a laissé un énorme vide dans mon quotidien. Et surtout, vous m’avez manqué ! Mais alors que s’est-il passé ?

Début 2017 a marqué une nouvelle année qui s’annonçait riche en bonnes résolutions. Pourtant, ça n’a pas été si rose que cela car j’ai commencé à souffrir d‘attaques de panique, de crises d’angoisse. Quelque chose d’assez « anodin » pour toute personne ne l’ayant jamais vécu, mais qui peut s’avérer extrêmement terrifiant (je pèse mes mots) et difficile à vivre pour la personne le vivant quotidiennement. Quelque chose que beaucoup ne comprennent pas, et qui pourtant vous empêche de vivre normalement, et change considérablement votre manière de vivre, d’interagir avec les autres.

Vivre avec des attaques de panique… tous les jours.

Une attaque de panique est assez difficile à décrire. Concrètement, c’est votre corps qui, d’un seul coup, montre des signes affolants qui vous donne littéralement l’impression que vous allez mourir (d’une crise cardiaque, souvent) : accélération soudaine des battements du coeur, nausées, vague de chaleur dans le corps, poitrine qui se compresse comme si vous n’allez plus pouvoir respirer, tremblements, bref, une réaction qui s’enclenche brusquement et qui n’est pas contrôlable.

Ce phénomène a commencé à se déclencher une fois, lorsque j’étais toute seule chez moi, sur le point de dormir. Je me suis mise à trembler, j’ai senti mon coeur battre violemment dans ma poitrine (comme s’il allait lâcher), j’ai eu des vertiges… à ce moment-là, je me suis dit « je suis en train de mourir ». Résultat : des pompiers qui débarquent à 4h du matin chez moi, un aller aux urgences, des examens cardio et… c’est tout. Un médecin qui me dit après une nuit terrifiante passée sur un lit d’hôpital : « Vous allez bien, prenez du Xanax, ça va passer ». Sauf que non, psychologiquement, je restais très fragile, et le cercle vicieux de l’angoisse s’est enclenché.

La crise peut arriver n’importe où, n’importe quand. On ne peut rien faire contre, on tremble de partout en étant certain de mourir, et pire, on a l’impression de devenir fou. On ne comprend plus son corps, on le voit presque comme une bombe à retardement, on se demande pourquoi ça nous arrive. Du jour au lendemain, mon quotidien est devenu différent : je n’osais plus être seule chez moi (c’est toujours un peu le cas aujourd’hui), je n’ose plus prendre le métro, j’appréhende les endroits clos et bruyants, les lieux où il y a trop de gens… et dans le même temps, j’ai besoin de me sentir entouré car l’attaque de panique est là, en moi, et peut se déclencher à tout moment. Il y a eu une période où je dormais 2h/3h par nuit, où j’étais physiquement et psychologiquement épuisée. Mon estime de soi a commencé à se dégrader sérieusement. Je n’ai jamais eu aussi peu confiance en moi que depuis que cela a commencé. La peur d’être jugée, d’être étrange aux yeux des autres, pire, de les ennuyer et d’être plus un poids lourd qu’autre chose. À la fin, j’en suis venue à prier juste pour redevenir quelqu’un de « normal ».

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Le début des crises, et la suite…

Pourquoi ça m’est arrivé ? Ca a été un tout. Une anxiété permanente liée à mon hypocondrie qui devenait de plus en plus irrationnelle, couplée à un rythme quotidien intenable : le boulot, le blog, c’était comme avoir deux CDI ensemble. Sans compter les tâches quotidiennes à côté et le stress qui en résulte. Je crois qu’à force d’en faire trop, mon corps a totalement « pété un plomb ». Résultat : j’avais besoin d’un break, de me recentrer sur moi, de travailler sur mon anxiété chronique. Et c’est là que les articles « tendance » sur le hygge, la slow life prennent tout leur sens. Si on ne met pas le « holà », c’est le corps qui le fait pour nous. Et pas toujours de manière tendre…

J’ai donc essayé de vivre avec. Malgré cet enfer dans ma tête, j’ai refusé que mon médecin m’arrête, je continuais d’aller au boulot tous les matins, avec le sourire et la même motivation. Evidemment, rien n’était vraiment pareil : lorsque je rédigeais mon article, j’avais physiquement mal dans ma poitrine, au dos, au coeur. En salle de réunion, je m’imaginais dans un autre monde, un lieu rassurant, pour ne pas avoir la sensation de 4 murs qui m’enferment. Lorsqu’il y avait trop de bruit dans l’open-space, je faisais mine d’aller aux toilettes, et je faisais mes exercices de respiration, car le bruit à forte dose m’angoisse. En bref, je restais la même, mais mentalement, j’avais l’impression de perdre le sens de la réalité. Au point que je rentrais le week-end chez mes parents, en pleurant et à bout de force, en me demandant « est-ce que je suis en train de devenir folle ? ».

Et maintenant ?

Sur une note plus positive : je guéris. Progressivement, mais sûrement. J’ai la chance d’avoir un entourage au top, avec une famille et des amis qui n’ont jamais été aussi présents que ces dernières semaines. Des gens patients, compréhensifs, qui n’ont pas jugé, qui ont essayé de comprendre ma douleur malgré le côté irrationnel des crises d’angoisse. Je me suis remise au sport, j’ai ralentis mon rythme de vie, je prends des médicaments adaptés au traitement des crises, et je commence une thérapie avec une psychologue spécialisée dans les troubles de l’anxiété. Bref, j’essaie progressivement de vivre comme avant, et parmi ces choses que je vais reprendre : mon blog.

Le but n’est évidemment de pas reprendre le même rythme effréné qu’avant. J’ignore encore à quelle fréquence je vais publier, mais je ferais en sorte de trouver un rythme qui me convienne. Je vais recommencer à aller aux events, puis de réécrire sans me mettre la pression ou me prendre la tête. Tout simplement, je veux reprendre du plaisir à bloguer. En tout cas, sachez que le blog m’est toujours autant précieux, et ma communauté aussi. Le but est surtout de revenir plus déterminée, plus forte, et surtout en meilleure santé 🙂 J’espère que vous apprécierez toujours mes articles à venir ! En attendant, je vous souhaite le meilleur du monde pour cette année. Des bisous. <3

Comments (19)

  • Je suis très contente d’avoir lu ton article. J’ai aussi eu de sérieux problèmes d’anxiété / crises d’angoisse, voire dépression.. Et je sais à quel point ce n’est pas évident. A l’époque où je commençais à en avoir, je n’en avais jamais entendu parler, et j’aurai bien voulu lire un témoignage comme le tien pour me sentir un peu moins seule !
    Je viens justement d’ouvrir un blog, et je pense qu’un jour j’en parlerai… Parce que je considère que la santé mentale est tellement importante, autant que la santé physique, et pourtant on ne la considère pas de la même manière et c’est dommage .
    En tout cas, merci pour ton article 🙂

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    • Je suis totalement d’accord avec toi, le santé mentale est tout aussi important, et le mental et le physique sont liés. Je ne serais jamais autant allé chez le médecin, si dès le départ j’avais accepté d’aller voir un psychologue pour m’aider à m’en sortir. Au lieu de quoi, tout ce que l’on m’a donné pour m’en sortir au départ, ce sont des antidépresseurs… C’est bien le signe qu’aujourd’hui, les gens pensent que les médicaments soignent tout, alors qu’en fait, ils ne font que camoufler le vrai problème. Les gens n’osent pas en parler, parce que dire « je suis angoissée, je suis anxieux », c’est tabou, on en a honte. Mais ça ne devrait pas être le cas ! Il faut en parler, le dire, et je ne peux que t’encourager à en parler sur ton blog 🙂 Bises !

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  • Coucou,
    Je viens de tomber sur ton article via Hellocoton et ça m’a tout de suite donné envi de lire. C’est dingue car je vis la même chose que toi.
    Enfin maintenant ça va mieux. Mais ces derniers mois, il m’arrivait la même chose. Pour ma part, les premières crises de panique je les ai eu lorsque je conduisais et que j’étais seule en voiture. Au point que je n’osais plus faire de grands trajets toute seule. Ensuite il m’est arrivé le soir 2-3 fois d’avoir des crises de panique. J’étais tout le temps anxieuse à l’idée de pouvoir en refaire une. Je ne sais pas ce qui a pu me déclencher ces angoisses. Actuellement (depuis 2 semaines) je me sens très bien. Je ne sais pas non plus pourquoi tout d’un coup ça va mieux sans que je change rien à ma vie hormis le fait que j’ai commencé à faire quelques séances de yoga chez moi.
    Je ne peux pas vraiment te donner de conseils mais juste te soutenir car je comprends ce que tu ressens, surtout quand tu dis que tu avais l’impression de devenir folle, c’est horrible ce sentiment de perte de contrôle de soi.
    Courage à toi et merci pour cet article.
    Des becs

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  • Je découvre ton blog avec cet article, je te comprends très bien. Je fais des minis crises d’angoisse à peu près tous les jours, aux environs du repas de midi (va savoir pourquoi… Il y a quelques années des évènements ont fait que les crises d’angoisse ont commencé à me réveiller la nuit et à me rendre la vie impossible, ma mère a décidé que j’irais prendre des cours de relaxation. Ça m’a aidé dans un sens où elle m’a appris à gérer au mieux les crises quand elles se pointent et aujourd’hui j’y arrive plus ou moins.
    J’ai toujours été d’un naturel nerveux mais l’angoisse et l’anxiété ça pourrit la vie, et malheureusement très incompris par ceux qui ne le vivent pas. Je ne peux que te soutenir, bon courage 🙂

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  • Coucou ma Nelly
    Je comprends mieux ton absence, et je te trouve franchement très courageuse d’en parler par ici. Ce sont des sujets qu’on aborde finalement assez peu et qui pourtant peuvent aider beaucoup de monde. Je suis contente de lire que tu retrouves peu à peu ton équilibre, ce sont des choses qui prennent du temps mais qui ne peuvent qu’être bénéfique. Surtout n’hésites pas si tu as besoin de papoter autour d’un Starbucks ! Je suis toujours partante 🙂 des gros bisous prends bien soin de toi surtout !!

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  • Coucou ma belle. Ton article touchant me parle, ayant été moi-même victime de crises d’angoisse par le passé. Ce que j’ai appris aujourd’hui, c’est que lorsque notre inconscient n’est pas satisfait de la vie que nous menons, il nous le fait savoir. Notre psychique et notre physique sont intimement liés. Alors on doit prendre cette difficulté effrayante comme une chose positive : ces crises sont une alerte pour nous dire que nous ne prenons pas le bon chemin ! Je connais que trop bien ce sentiment paradoxal de repli sur soi tout en ne supportant pas la solitude. La clé de la « guérison » est là : toujours rester entouré par des proches. Il faut se brusquer quotidiennement pour préserver ce lien qui nous lie aux autres. Après tout, qu’est-ce que la vie sans partage ? 😉 Prend soin de toi, je t’envoie toutes mes bonnes ondes <3

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  • Hello ma belle !
    Je suis contente de te lire de nouveau et vraiment désolée de qui t’arrive. J’espère que tout va vite aller mieux et tu as raison de ralentir le rythme, ça te fera le plus grand bien. Je sais que c’est une chose qui n’est pas facile à vivre et qu’il faut prendre du temps pour soi, pour se poser un peu. Je ne cesserai pas de lire tes articles, peut importe que tu publies une fois par jour, par semaine ou par mois. Je te souhaite un bon rétablissement 🙂 Pleins de bizoux <3

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  • Bon courage à toi!! Je connais bien ce calvaire mais l’accepter et tenter de comprendre son orgine font déjà partie de la guérison, tu es sur le bon chemin!
    Assez difficile à comprendre pour les gens extérieurs et ça, à certains degrés, ça pollue autant notre vie que celle de notre entourage! C’est totalement psychologique de part l’origine mais les symptomes deviennent réellement physiques et irrationnels ce qui rend la chose difficile à gérer et à expliquer.

    Prends grand soin de toi, le temps sera ton allié 🙂

    Bises!

    Zelda

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  • Coucou Nelly, c’est très touchant et courageux de parler de ça, mais tu as bien fait car ça peut en aider d’autres. Je ne peux imaginer ta peur face à ces crises d’angoisse car je n’ai jamais vécu ça mais je suis heureuse de lire que tu es bien entourée et que tu arrives à ta manière à gérer tout ça. Tu as raison, prends du temps pour toi, la priorité est ta santé ! Bon courage chère Nelly ! On sera nombreuses à te soutenir si ça ne va pas <3

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  • Coucou nelly, le corps a une étrange façon de nous dire Stop… à nous de comprendre les signes avant que l’état ne s’aggrave.
    Je suis aussi comme ça, je laisse mon corps rentré dans un état de fatigue et ça peut aller très vite.
    c’est bien que tu aies pu te reprendre en main, remettre ton corps et ton mental sur pied et petit à petit ça ira beaucoup mieux.
    Courage, je t’envoie pleins de pensées positives,
    Bisous guérisseurs de mon île,

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  • Hellooo :).
    Moi aussi j’ai fais la même chose et pile au même moment que toi… pendant les vacances de noël, le fait de m’être arrêtée, mon corps à un peu lâché d’un coup… Ca commence à aller mieux c’est le principal… Pour moi c’était du à trop de stress. J’ai commencé la sophrologie et ça m’aide beaucoup :). Si je peux te conseiller ‘petit bambou’, c’est une appli de méditation et tu peux en faire 10 min par jour et ca fait beaucoup de bien !! :D. J’espère que tu vas vite aller mieux, en tout cas je te comprends et on va y arriver !!! :D.

    Ps : ma confiance en moi est aussi au fond du trou en ce moment… Je sais pas comment c’est possible qu’elle baisse autant !!!!

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  • J’avais cru comprendre que ça n’allait pas fort la dernière fois … Je ne peux pas prétendre comprendre ce sentiment car je ne l’ai jamais vécu, mais j’ai une amie qui depuis 1 an souffre de crises d’angoisse et elle m’en parle régulièrement, ça l’aide. Elle va mieux maintenant et je te souhaite la même chose, prend du temps pour toi, trouve ton rythme et j’espère que tout ira pour le mieux <3

    Des bisous ma belle 😉

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  • Je sais combien cela peut-etre difficile.
    Je suis, moi-même, angoissée du 1er janvier au 31 décembre. Si cela ne se traduit pas par des crises comme toi, ce sont tout de même des moments d’angoisse dès le matin au réveil. Alors tout comme toi, je continue à aller au boulot mais en ne laissant rien paraitre.
    J’espere te relire bientôt.

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  • Hellow Nelly !
    Le plus important, contente d’apprendre que tu guéris petit à petit certes mais cela est énorme en soit. Cela sera surement parsemé d’obstacles mais j’admire ton envie de vaincre cela et ce de la bonne manière pour toi. Vraiment. J’ai beau n’être qu’une lectrice à travers un écran, je ne peux dire que chapeau.
    Egoïstement, je suis rassurée de savoir ce qu’il en est, même si c’est quelque chose de très personnel. Merci de le partager avec nous. Ce n’est pas que je n’ai point de choses à dire mais je n’ai pas envie de paraître lourde ni d’aller dans les discours qu’on entend partout. Sache juste qu’on peut largement « t’attendre » et s’adapter à ton rythme. Ton bien-être et ta santé avant tout ! A cette lecture, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur à cause de cette inquiétude qui naissait et qui s’avère être juste.
    Mais je suis ravie que tu ais des personnes de confiance qui t’entourent et te soutiennent. Je ne m’attarde pas plus mais je tiens quand même à te faire un plus gros hug cette fois.
    Belle soirée à toi et bises !

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  • Coucou Nelly,
    Je suis ravie de te retrouver sur ton blog et de lire que tu es sur la voie de la guérison, même si j’imagine que le chemin sera encore long avant de l’être complètement. Comme je te l’ai dit en privé, je suis certaine que tu vas retrouver ta vie d’avant. Je te trouve très courageuse d’en parler ici, j’ai vécu la même chose pendant 6 mois et je ne peux clairement pas en parler publiquement ou sur mon blog. C’est une partie de ma vie qui m’a énormément marquée et blessée mais finalement elle m’a rendu plus forte. Cependant, je préfère que mes proches oublient car j’ai détesté cette période de ma vie où je me sentais si fragile et vulnérable, moi qui veut toujours paraître forte et parfaite. Finalement c’est comme si la vie avait voulu me donner une épreuve, me montrer que chacun a le droit de sentir mal à un moment donné et que ce n’est pas une honte.
    Je te souhaite plein de courage et une bonne continuation sur cette lancée positive vers la guérison.
    Gros bisous
    Romy

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  • Plein de courage à toi, je suis passée par là à une époque <3
    Je sais que c'est dur mais c'est aussi un bon moyen d'apprendre à te connaître et comprendre tes limites,
    Plein de bisous

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    • Je suis d’accord, les crises m’ont apprises à écouter mon corps, plus que jamais ! Des bisous !

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  • Je viens de découvrir ton blog grâce à cet article mais tout ce que je peux te dire c’est : va à ton rythme ma belle.
    Les problèmes de santé c’est pas facile à gérer, et les crises d’angoisse je connais : c’est vraiment difficile à vivre.
    Ne te brusque pas, et remet toi bien <3
    Bonne soirée

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    • Merci 🙂 Oui, j’y vais à mon rythme, même si parfois c’est difficile de ralentir quand on est habitué à nos routines… Merci encore. Bises !

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