faire une psychothérapie
Lifestyle

Faire une psychothérapie : et si on arrêtait d’en avoir honte ?

Dans mon article où je me confiais sur mes crises d’angoisse, je vous disais aller voir un psychologue, pour commencer une psychothérapie. Un sujet que ça ne me dérangeait pas d’aborder, ni sur Internet avec vous, ni avec mes proches. J’allais mal, et j’en avais besoin pour me soigner. Avec le temps, j’ai réalisé qu’il y avait quelque chose de tabou sur le fait d’aller voir un psy, comme si il ne fallait pas le dire, comme si il fallait en avoir honte. Je réalise qu’aujourd’hui, même en 2017 où les anti-dépresseurs et anxiolytiques sont rois et prescrits par les médecins comme des dolipranes, il existe un véritable malaise autour de la santé mentale, et plus particulièrement de la psychothérapie.

On ne parle pas assez de la santé mentale. Elle est tout aussi importante que la santé physique, et les deux sont même extrêmement liées. En témoigne notre faible système immunitaire, les maux au dos, au thorax, à l’estomac, à la mâchoire, les troubles de sommeil et tant d’autres, lorsque l’on est stressé ou anxieux. J’ai commencé ma thérapie il y un an lorsque j’ai réalisé que je souffrais de troubles de l’anxiété, où j’ai suivi des séances chaque semaine. Des séances qui m’ont aidé, m’ont libéré. Aujourd’hui, je suis ouverte à aborder ce sujet et partage volontiers mon expérience. En espérant que ce partage permettra de rendre la thérapie moins tabou, et de combattre les préjugés.

Je me suis beaucoup demandée pourquoi la psychothérapie était un sujet que nous avions peur d’aborder. Je pense que c’est en grande partie car elle est associée à l’idée de vulnérabilité, de faiblesse. Dans cette société où il faut toujours paraître fort, avoir la vie idéale, où chacun se construit des murs autour de soi pour se protéger… L’idée d’assumer de faire une thérapie paraît inconcevable. Outre cela, les gens ont dans la tête que la thérapie n’est réservée qu’aux personnes avec de graves problèmes mentaux. Lorsque l’on me disait « mais tu n’es pas folle, pourquoi tu vas chez le psy ? », j’ai réalisé qu’il y avait un gros souci.

La psychothérapie n’est pas réservée aux personnalités borderlines ou complètement dépressives. La thérapie est pour chacun d’entre nous. Vous n’avez pas besoin d’être « fou » pour avoir le droit de bénéficier de ses atouts. Et pour être totalement honnête avec vous, je pense que le monde se porterait bien mieux si tout le monde allait voir un psychologue, au même titre qu’un check-up annuel chez le médecin.

Pourquoi ? Parce que la thérapie vous recentre sur vous, vos sentiments, vos émotions. La thérapie vous permet d’extérioriser, de comprendre, d’observer vos pensées, celles que vous avez, et celles que vous essayez de cacher, de contrôler, d’enfouir. Il y a celles qui vous ignorez, aussi. Se recentrer sur soi, se comprendre, est nécessaire. Chacun d’entre nous en a besoin, et c’est un processus qui est parfaitement sain. La thérapie, c’est aussi la possibilité de comprendre le fonctionnement de notre cerveau, ses mécanismes. Au final, cela nous permet de nous dire « je me comprends mieux maintenant ». C’est un pas vers l’acceptation de soi.

Il y a des gens qui ont honte de faire des thérapies. Ca devrait être le contraire. Les personnes qui se lancent dedans, qui font la démarche de reconnaître et d’accepter qu’ils ont besoin d’aide, sont des gens incroyablement forts. Il faut de la force pour admettre d’être mal dans sa tête, de se dire « ça ne va pas, et il faut que ça change, parce que je le mérite, parce que je le vaux ». Faire une thérapie montre que l’on a cette volonté d’aller mieux, de dire que nous aussi, nous avons le droit d’être soigné, d’être heureux. Et ce n’est pas des séances tranquilles, où on est allongé à parler de sa vie comme les séries TV. Selon votre problème, la thérapie peut s’avérer très lourde, émotionnellement très fatigante, c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles beaucoup abandonnent durant le processus. Se connecter avec le « vrai soi » est terrifiant. Mais au final, incroyablement libérateur.

Il faut arrêter de se dire « je vais bien » quand évidemment ce n’est pas le cas. Par peur, on essaie de se persuader que c’est normal, pire, que ça va passer. En laissant tout enfoui en nous, on finit finalement par se rendre malheureux. On avance à rien à souffrir silencieusement. Faire une thérapie a été la meilleure décision que j’ai prise, pour moi. Ne laissez JAMAIS quelqu’un vous faire sentir honteux parce que vous cherchez de l’aide.

Je crois que j’en ai dis déjà beaucoup. Il faut arrêter de stigmatiser les problèmes de santé mentale. On a tous nos propres problèmes, quelque chose à régler en nous, ça peut arriver à n’importe qui. Ne vous sentez jamais honteux de chercher de l’aide auprès d’un professionnel. Vous n’êtes pas seul, vous n’êtes pas faible, et vous méritez de vivre heureux.

Sur ce, je terminerai en citant ce très sage Obama : « Si tu te casses une jambe, tu vas chez le médecin pour te faire soigner. Si à l’intérieur de toi tu te sens brisé, c’est la même chose qu’une blessure physique. Tu dois aller chercher de l’aide aussi. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la force« .

Comments (6)

  • Hellow Nelly !
    Bref merci de dé-diaboliser la psychothérapie, qui va la vie dure en société. Je n’ai pas vraiment grand à dire si ce ne serait que de répéter tout ton article sincère et réaliste. Après je ne sais pas pour toi, mais dans ma famille asiatique du Sud-Est, c’est plus que tabou pour eux la dépression surtout infime ça n’existe pas. Je n’en parlerai pas plus car je le vois quotidiennement avec une membre de ma famille et c’est assez difficile à vivre. Donc merci d’en parler comme tu le fais.
    Hugs sur toi ma belle ~.

    Répondre
    • Hello ma belle, et encore une fois, merci pour ton commentaire !
      De mon côté, j’ai été adoptée très jeune, j’ai donc grandi avec des valeurs d’une famille de Français. Mais tu vois, je ne savais pas qu’il y avait cette sorte de tabou dans les familles asiatiques, c’est très intéressant ! De mon côté, on en a toujours parlé sans souci, d’où le fait que je n’ai pas hésité à demander de l’aide quand mes soucis d’anxiété ont fait surface. Aujourd’hui je vais bien mieux, c’est bien la preuve qu’il ne faut pas hésiter!
      Hugs sur toi également <3

      Répondre
  • C’est très courageux à toi d’avoir abordé le sujet, et pour cela je t’en félicite 😉

    http://lespetitspapiers.ek.la

    Répondre
    • Merci beaucoup, ça me touche beaucoup ! J’ai longtemps hésité avant d’appuyer sur « publier », mais je me dis que si quelqu’un avait écrit cet article avant que je commence ma psychothérapie, cela m’aurait fait du bien. En espérant que ça puisse en aider d’autres 🙂

      Répondre
  • Coucou! Je suis d’accord avec toi la santé psychologique ça a un côté tabou… Pourtant je trouve que l’on vit dans une société qui véhicule des images de perfection (ce qui est impossible et donc déformé bien évidemment…) ce qui n’aide pas à assumer que l’on a besoin de se faire aider alors qu’il n’y a absolument pas de honte au contraire je trouve que c’est déjà faire preuve d’ouverture d’esprit, d’intelligence et de capacité d’analyse que de prendre l’initiative de se faire aider. Bises
    https://fibiel76.worpress.com

    Répondre
    • Merci pour ton commentaire ! Effectivement il y a un vrai souci de ce côté-là, et les réseaux sociaux (et c’est moi qui le dit…) n’aident pas non plus. On se compare tout le temps, on essaie de montrer que notre côté fort, alors qu’on est tous pareils au final, avec nos angoisses, nos inquiétudes du quotidien, et/ou nos traumatismes. On espère que cela changera pour le mieux un jour… !

      Répondre

Write a comment